Le coaching, solution de crise ou choix stratégique ?

« Un coaching ? Non merci je gère! »

 Vous êtes-vous déjà dit : « Ça ne va pas trop, je ne suis pas épanoui au travail mais je reste patient. Il y aura des jours meilleurs » ou : « Je suis épuisée mais je n’ai pas le choix, je ne sais pas comment faire autrement. » ou encore : « je sens que je dois franchir une marche, aller plus loin, mais je vais me débrouiller ».
Ces phrases, je les entends régulièrement. Elles ont en commun de dire, de manière plus ou moins implicite, que quelque chose coince mais que l’on espère que ça se règle tout seul ou que l’on va trouver les solutions dans notre coin.

Que l’on soit en difficulté ou simplement en quête de progression, la même pensée revient : se faire accompagner, c’est admettre qu’on n’y arrive pas seul. Dans des milieux où la performance est une norme et la vulnérabilité perçue comme une faiblesse, cette perception est un obstacle réel. Et une croyance, par définition, n’est qu’une vision que l’on a de la réalité, pas la réalité elle-même.

Déconstruire cette croyance commence par observer d’autres contextes où se faire accompagner est non seulement admis, mais valorisé.

Regardons ce qui se passe ailleurs

Prenons le sport de haut niveau. Personne ne s’étonne qu’un athlète travaille avec un coach. C’est même la norme, et son absence serait perçue comme une anomalie. Un sportif qui s’entraîne seul, sans regard extérieur, sans ajustement, sans quelqu’un pour voir ce qu’il ne voit pas lui-même, plafonne. Ce n’est pas qu’une question de volonté ou de talent. C’est une question de bon sens et de méthode.

En coaching, la logique est exactement la même. Et pourtant, le regard reste radicalement différent selon les contextes. Aux États-Unis, se faire accompagner par un coach est depuis longtemps perçu comme un signe de sérieux et d’ambition. C’est un investissement dans soi-même, valorisé socialement, parfois même affiché. En France, le regard est encore souvent inverse : le coaching reste associé à la difficulté, à la remise en question forcée, à celui/celle qui n’y arrive plus.
Cette différence est assez significative et reflète deux cultures distinctes : l’une qui valorise l’investissement dans soi, l’autre qui y voit encore un aveu de faiblesse.

« Je n’en ai pas vraiment besoin »

Cette réticence est fréquente et elle est très intéressante parce qu’elle pose une vraie question de fond : êtes-vous à même d’être clairvoyant sur votre besoin ?

On évalue souvent son propre état avec les outils que l’on a en sa possession. Or, ils sont façonnés par nos habitudes, nos biais, notre seuil de tolérance à l’inconfort. Lorsque nous sommes sous tension depuis longtemps, nous avons internalisé cet état, souvent sans même nous en rendre compte.

Si vous vous questionnez, c’est déjà une première partie de la réponse. Mais lorsque nous sommes coupés des signaux que notre corps nous envoie, il est normal que le mental ne puisse pas les traiter. Notre corps, lui, a souvent l’information avant tout le monde.

« Je n’ai pas le temps »

C’est une contrainte réelle. Les agendas sont saturés, les sollicitations permanentes, et dégager une à deux heures par mois peut sembler irréaliste quand on a l’impression de courir en permanence.
Cependant, à moyen et long terme, c’est précisément un gain de temps que crée un accompagnement bien mené et avec un vrai engagement.
Gagner en clarté sur ses priorités, prendre des décisions plus pertinentes et plus rapidement, réduire les frictions avec les équipes, tout cela libère de l’espace, et de facto, vous gagnez en énergie et vous faites de la place à la créativité, à la possibilité d’opportunités que vous ne pouviez pas percevoir auparavant.
Finalement, dégager ce temps est souvent plus accessible qu’on ne le pense.

Et bien au-delà, il y a une question de viabilité. Fonctionner en tension permanente n’est pas tenable sur la durée, quoi que l’on en dise. Autant agir en amont plutôt qu’attendre que le corps prenne la décision à votre place, ou que des difficultés plus profondes s’installent.

Ce que les dirigeants qui avancent ont compris

Le coaching a longtemps été perçu comme une solution de dernier recours, réservé à ceux qui n’y arrivent plus, proposé quand la situation est déjà dégradée. Ce temps-là est en train de passer. Travailler en profondeur sur soi ou ses équipes en amont est toujours plus rentable qu’intervenir en urgence sur des difficultés installées.

Réfléchir à comment optimiser sa performance quand tout va bien, c’est aussi se donner les moyens de traverser les périodes plus délicates avec davantage de ressources. C’est ainsi que l’on construit une performance durable.